02 mai 2006

Cour de la mosquée d'Üsküdar

Dans la cour vide un homme seul se penche

         vers ses orteils, qu'il lave méticuleusement sous un robinet

 

On entend l'eau couler sur la pierre et des pigeons tracer des traits et des lignes d'un toit à un autre

 

Personne ne marche sous les colonnes qui érigent la cour en clairière de silence. Les peintures arrondies et compliquées, sous les dômes qu'elles soutiennent, s'éparpillent par petits groupes de papillons secs, se gomment par éclats et décennies.

 

L'homme en a fini avec ses pieds. Il est déjà tout entier, d'un bloc, tendu vers la prosternation à laquelle il s'est apprêté avec tant d'hygiène. Il commence à marmonner. Sur ses pas, un aspirateur se met en route sur le vaste tapis rouge où se bouscule un petit effondrement de chaussures.

 

A l'entrée un panneau interdit en quatre langues ciblées - anglais, allemand, français, espagnol - de prendre des photos pendant la prière.

 

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Commentaires

Excellent texte qui temoigne de la richesse de ton rapport visuel et sensitif au monde, loin de l'assechement du vecu quotidien qui gagne nos contrees maternelles... celui la je l'imprime.

Ecrit par : Jean d'Artois | 04 mai 2006

Merci Jean, et concernant l'assèchement, c'est je crois la première étape du dépérissement. Merci pour ton commentaire, je vais essayer de progresser dans cette voie, mais j'ai souvent la facheuse tendance à voir autre chose que ce qui est, à avoir une vision qui tord, coupe, détend, broie, étire, chiffone, arrache, recolle en décalage les choses, et leur donne une élasticité étrange dans les mots, comme dans ce texte Bystanbople...

Je vais aller voir un oeuf-talmo

K.

Ecrit par : Le Poisson-Scorpion | 05 mai 2006

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